De Richar Toll à Oro Sougui en vélo

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Sénégal - De St Louis à Matam en direction de Kayes
de Oli, le 13-10-2006

De Richar Toll à Oro Sougui en vélo

De Richard Toll a Oro Sougui en velo

Hello,
Me voilà arrivé a Oro Sougui, plus très loin de la frontière avec le Mali. Je devrai arriver à Kidira (poste fontiere) d’ici 4-5 jours, donc vers le 18 octobre environ .
Alors que s’est il passé depuis Richard Toll….et bien encore et toujours de superbes rencontres, de belles discussions et toujours un accueil incroyable de mes amis senegalais.
A Richard Tool, je vous avais dit que j’avais rencontré le president de la croix rouge locale. Finalement, je suis rester 2 jours la-bas et ais vecu de très beaux moments avec sa famille. Le soir, dans la rue, pendant que nous partagions le thé à la menthe, j’ai été très impressionné de voir tous les enfants du quartier s’amuser comme des fous…avec rien. Juste l’envie de s’amuser ensemble. Dans ces moments là, tous mes sens sont en eveil : ecouter les cris de joie des enfants, sentir la menthe du thé, toucher leurs mains qui veulent me dire bonjour et admirer dans la pénombre ces si beaux boubous senegalais qui brillent a la lueur de la lune.
Prochaine étape : Tillé Boubakar. Quelques kilometres avant d’arriver, je rencontre un groupes d’hommes affalés sur une natte. On cause et l’un d’eux téléphone à son « grand frère » pour qu’il m’attende sur la route. Me voila inviter une fois encore à partager pour quelques heures la vie d’une famille locale. Ici la plupart des villages sont d’origine Peuls (et parlent donc le Poular). Mahmoud Si me présente toute sa famille et ensuite m’enmène assister à une réunion concernant les différentes formes de micro credit disponible dans la communauté de Tillé Boubakar. On rit beaucoup et l’essentiel étant discuté en Poular je ne comprend pas grand chose. Ensuite ; sieste classique à l’ombre. Le soir, il y a le match de football Senegal-Burkina Faso. Je me rejouis de partager cela avec toute la grande famille….malheureusement des problèmes de retransmission nous empecheront de voir une seule image des lions indomptable. Resultat. 0-1.
Finalement, je veux vraiment me coucher tôt et négocie avec mon hote de ne pas attendre leur souper (21h30)…mais d’aller manger dans mon coin et de dormir tôt !
Le lendemain, j’ai une grosse journée. Le matin 30 Km de piste de tôle ondulée pour arriver à Podor et le soir je reprend la route pour 45 Km vers Gamadji Sare où je suis attendu par des amis rencontrés à Nouakchott.
Mes premiers Km de piste m’amuse pas mal…ca change du goudron, mais j’avoue que lorsque la tôle ondulée se fait omniprésente, la fatigue prend vite le dessus. Je croise, etonnament beaucoup de senegalais en velo qui vont aux champs. On échange et on rit beaucoup. Je longe un « canal » qui me permet de voir toutes ces femmes qui lavent vaisselle, vetements et autres le long de l’eau.
Question existentielle : comment se forme la tôle ondulée ???? Pourquoi certaines parties de la route sont superbes et d’autres incroyablement bosselée ??? Ca m’intrigue…
J’arrive finalement à Podor où l’assisant du conservateur du Fort de Podor, Ibrahim,m’accueille de suite. Il me propose de me faire visiter le fort et ensuite de me reposer. Fort très bien restauré et retracant une bonne partie de l’histoire du senegal. A voir.
Ensuite, sieste bien méritée dans la pièce la plus fraiche du fort. Hummm, ca fait du bien.
17h. : c’est l’heure du départ. Je voudrais arriver avant la tombée du jour à Gamadji Sare. J’avoue que les premiers kilomètres sont difficiles. Heureusement, il y a Hibou, jeune senegalais de 16 ans et passionné de vélo, qui insiste pour parcourir les premiers kilomètres avec moi. Ensuite, je découvre pour ma première fois le senegal avec le soleil couchant. Superbe lumière.
Je m’arrête souvent pour comtempler…et finalement me fais pieger par la tombée du jour. Mes derniers pénibles kilomètres se feront à la lumière frontale. Je vois les trous de la route à la dernière seconde et finalement m’en prend un bien comme y faut. Les sacoches se décrochent et parsement la route. En priorité, vite tout ramassé et refaire mon attelage. Finalement Joseph qui m’attendait vers 19h décide de venir à ma rencontre en voiture….je ferai les 4 derniers Km à la lumière de ses phares et motiver comme un beau diable pour arriver, je retrouve de l’énergie pour rouler à fond. Ah oui, j’avais réussi a trouver 2 bouteilles de biere a Podor et espere de tout cœur qu’elles ne se sont pas cassés dans la mésaventure. Accueil géniale de Mam et Joseph à Gamadji Sare. Mam est directrice de l’ecole du village et joseph, ancien instituteur pensionné. A deux ils ont monté une petite auberge de rêve avec pleins d’arbres partout. Un petit paradis de calme et de quietude. Mam est quelqu’un de très chaleureuse et passionnée. Endroit à conseiller sans aucun doute.
Nous degustons les bières….Joseph me fait decouvrir le melange Bisap-biere. Pas mauvais du tout.
Le lendemain, je découvre, oh malheur, que j’ai cassé un rayon de ma roue arrière. Il me semblait bien que ca tournait pas rond. J’ai le rayon de rechange mais pas les outils nécessaires pour démonter ma cassette du plateau arrière. Pas grave…je trouve quelques mecanos dans le village d’a coté (Djoum) et hop, malin comme ils sont, on démonte le tout, je change mon rayon, et le tour est joué.
En revenant, je croise des américaines qui sont volontaires pour les « corps de la paix ». Association américaine qui envoient des jeunes pendant 2 ans dans le monde entier. Ils apprennent la langue locale et sont censés participer à differents projets au niveau santé, environnement, commerce, etc ;…
J’irai leur rendre une petite visite le soir…malheureusement comme souvent ici au senegal il y a des coupures d’electricité et donc pas de bieres fraiches !
Finalement, je rentre chez Joseph et Mam….cette fois avant la tombée de la nuit….et rencontre une francaise, très sympa aussi, qui est administratrice pour médecins du monde Espagne. Elle me parle de son experience du senegal. Avec son mari et leur petite fille, ils ont pas mal baroudé dans le coin. On discute de cooperation, d’aide à l’afrique, etc….
Là, ils vont s’installer à Saint Louis…ville qui m’a laissé un très beau souvenir.
Le lendemain, 6h30 du mat et il est deja l’heure de partir pour de nouvelles aventures…direction Aere Lao où un fois encore je suis accueilli dans une famille Peul.

A Galoya, je rencontre le responsable d’un dispensaire privé qui m’accueille comme si j’étais son fils. Il adore les toubabs, est très curieux de mon voyage et m’installe dans une salle de consultation et me voilà qui m’endors sur une civiere d’hopital.
On fait quelques photos avec un de ces amis, avec ces nombreux enfants. Je romps une fois encore le jeune avec eux et voilà l’attente, à la lueur des étoiles, du souper qui commence pour moi. Jai toujours envie de souper dès la cassure du jeune du Ramadan (genre 19h) et pouvoir aller dormir vers 20h30. Mais je suis toujours un peu pris au piège….et soupe vers 21h30-22h, puis le thé à la menthe (3 fois comme de coutume) et je ne suis pas au lit avant 22h-22h30.
Pour l’instant, le Riz au poisson (Thiboudienne) est assez souvent au menu…mais la facon de le préparer est toujours un peu différente.
Il y a aussi le problème de l’eau…est ce que je bois l’eau que l’on me donne ou est ce que je fais le « difficile » ou plutôt le « prudent » et ne prend que de l’eau purifié miropur par mes soins. Et bien ca depend des jours mais pour l’instant, au niveau santé, diarrhée, etc tout va très bien merci.
Le lendemain, en route pour Oro Sougui à 85 Km….et finalement je m’arreterai à 40 Km de là. Thilogne. Je sens une certaine fatigue, un petit mal de ventre et surtout je rencontre une équipe de professeur du CEM de Thilogne super chouette….finalement je fais une petite sieste dans une salle de classe et decide de passer la nuit la.
Le soir, je suis inviter dans la « maison des professeurs », cad la maison que differents professeurs arrivés dans le village ont louer proche de l’école. De superbes discussion sur le sens de mon voyage, la vie en europe, un petit cours de comparaison des religions, les problèmes de manque de moyens de l’éducation au senegal, la politique du president Wade, etc…
La encore, je finis assez tard pour moi…c’est chaque fois un déchirement que de devoir interrompre ces discussions et échanges si interessants….mais mes heures de sommeil sont cruciales pour les kilometres du lendemain.
Voilà, le voyage continue…..encore beaucoup de choses à raconter, moins factuels, plus sur le le « ressenti », sur la perception d’un toubab en velo en afrique, etc….ce sera pour la prochaine fois.
Je pense à vous. Soyez heureux.
Et n’oubliez pas de rester ouvert à toutes les rencontres. L’autre, l’étranger, parce qu’il est différent de nous est interessant à connaître.
J’apprend beaucoup sur nos frères africains.

A
Oli




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