De OroSogui a Kayes

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Mali - Bamako
de Oli, le 20-11-2006

De OroSogui a Kayes

Hello,
après un mois sans nouvelles...voici enfin un petit compte rendu de la suite de mes aventures.
Désolé pour ce retard mais soit j'avais pas le gout d'écrire soit j'avais pas accès à internet
J'ai mis beaucoup de nouvelles photos sur mon blog
//imposetachance.top-depart.com

Je continue à vivre beaucoup de choses extraodinaires.... pour l'instant c'est vrai que je me pose beaucoup de questions sur l'afrique, sur ma présence ici, sur le sens de mon voyage, sur ce que j'ai envie de faire plus tard, sur laide au dvellopement de l'afrique, etc....
La chasse aux petits bonheurs "africains" continue !
A+
Oli


De Oro sogui (Matam) à Bakel :

Après avoir passer 2 jours dans la famille d’une volontaire des Peace Corps (corps de la paix), j’ai repris la route pour redescendre vers le Mali J’avais prévu de faire 85 Km dans ma journée pour arriver à Semmme. La journée commence bien, je trouve mes bananes favorites, mon jus de fruit plein de vitamines et voilà c’est parti….puis le vent se lève et c’est beaucoup moins drôle. Après plus de 4 heures de vélo sous un soleil de plomb, j’arrive assez épuisé à Semme. Là, je me renseigne un peu et finalement aboutit dans la maison du maire et chef de village. Je suis accueilli par toute la famille, ça devient une habitude mais surtout je rencontre le secrétaire de la mairie qui veut absolument me faire visiter la petite ville, son école, son dispensaire, la mairie, etc.…
Je ne peux refuser son invitation et me voilà parti pour un tour de serrage de main, de « bonjour ça va ? » et de salutations diverses.
La visite « improvisée » du dispensaire est assez surprenante. Un jeune infirmier (évidemment, il n’y a pas de médecin) assez motivé me présente ce qu’il fait avec le matériel disponible. A peu prés aucun matériel pour les accouchements, quelques médicaments anti-palu mais très peu, pas d’ambulance à moins de 300 Km….et voilà la réalité de la santé dans un petit village sénégalais qui m’apparaît en pleine face. Quelques jours plus tard à Kayes, je verrai par hasard un reportage français sur une étude décrivant que la douleur des bébés en France peut être atténué par de la musique douce dans les couveuses, par des petits massages sur les mains, etc.….Que dire de plus si ce n’est que je me sens une fois encore bien chanceux d’être né en Occident ! Quel décalage !!!
Lors de la visite du village, j’assiste à une réunion de la coopérative des femmes de Semme. Elles semblent faire un boulot assez impressionnant mais une fois encore sans beaucoup de moyens. Elle me pose beaucoup de questions sur la vie des femmes en Belgique, sur mes impressions de l’Afrique, me décrivent l’une après l4autre leur différents projets dans le village. Elles semblent espérer beaucoup de ma venue, de notre rencontre. Je voudrais ne pas les décevoir mais je leur dois de la sincérité et je leur explique que je ne peux malheureusement rien promettre pour le village, pour leur association. Je leur transmets mon plus grand respect et mes plus vifs encouragements dans leur travail.
Finalement, je rencontre brièvement le maire du village qui me demande clairement si je ne pourrais pas essayer d’organiser un jumelage de son village avec une ville en Belgique. Alors oui, pourquoi pas ? Mais pas pour faire n’importe quoi et surtout pas de n’importe quelle façon. On verra à mon retour en fonction de toutes les expériences de jumelage, d’aide en tous genres que je vois ici, comment être réellement efficace. Comment aider de la manière la plus juste, la plus efficace, de manière responsable et durable (mot bien à la mode j’en conviens) et pas juste pour se donner bonne conscience, voilà un de mes éternels questionnements ici !

Finalement, après la visite et vu l’agitation perpétuelle dans la maison du maire, je demande si je ne pourrais pas dormir dans un lieu un peu plus calme. Me voilà dans la famille du secrétaire du maire….redécouverte d’une nouvelle famille. On casse le jeune avec des amis à lui et finalement, dès la fin du souper, je m’endors sur la natte de la famille. Ca les fait beaucoup rire et ils insistent pour que je dorme dans un vrai lit. Je suis un peu gêné mais tellement épuisé que j’accepte.
Le lendemain, je repars pour 65 Km jusqu ‘à Bakel où je retrouverai le mari d’une fille rencontré une semaine plus tôt : Mathieu, coopérant pour le GRDR (association française de développement). J’avais déjà chaud … mais Bakel est horriblement chaud (j’en ignore la raison exacte mais j’en souffre pas mal). Mathieu m’accueille chez lui de manière très sympa. Ca me permet de bien me reposer….même si les nuits sont assez difficiles. Panne d’électricité oblige, le ventilo s’éteint et la chaleur se faire insupportable. Finalement, je passerai 2 jours à Bakel. Durant ce séjour, je rencontre Julien, un biologiste français qui fait l’inventaire des lamentins (genre de loup de mer) sur le fleuve sénégal. Conclusion : 0 !!! A sa grande déception, Julien na pas vu un seul lamentin ! Les pécheurs qu’il a rencontrés en route pensent en avoir vu mais ce n’est jamais certain. En fait, il n’y a plus de poisson dans le fleuve et donc plus de lamentin ! En tout cas, les belles discussions avec Julien me donnent envie d’embarquer dans une pirogue et de vivre, quelques heures durant, la magie de la vie du fleuve.
Me voilà à négocier âprement le prix de la pirogue jusqu’à Kayes. Je suis un peu inquiet de passer la frontière Sénégal/Mali par la voie fluviale mais, Inch’Allah, tout se passera sûrement sans problème. La pirogue devait partir à 16h mais on partira finalement à 17h 30 après pas mal d’énervement lors de l’embarquement. L’aventure commence. Mon vélo est à l’avant, mes sacoches proches de moi, je m’installe sur des sacs de riz ; vachement confortable, pour un voyage prévu d’environ 15h. On est censé naviguer la nuit, ce qui ne me rassure pas trop….et effectivement, bien endormi après avoir bouffer le riz sauce traditionnel, je suis réveillé à 1 heure du matin par un grand bruit de fracas. On vient de se prendre un banc de sable. En résumé, on est échoué au milieu du fleuve sous un ciel splendidement étoilé (ça donne un coté romantique à l’histoire non ?). Tout le monde s’engueule dans un dialecte chinois pour moi (probablement du Soninké !). Après quelques essais pour bouger la pirogue et des engueulades hallucinantes, je comprends que le capitaine à décider de vider les sacs de riz de la pirogue et de les porter sur la berge (genre 10 minutes de pataugeage). Il est 2h30 du mat, on est tous les pieds dans l’eau à porter les sacs de riz. Je me dis que si les africains le font, le toubab peut bien le faire aussi. Et voilà, je n’ai pas de photo de moi avec le sac de riz mais je peux vous dire que c’est assez lourd merci ! Après bien des efforts, on réussit à faire bouger la pirogue, on rembarque tous dedans…et on va chercher les sacs de riz….et on manque de justesse de s’échouer à nouveau. Finalement, on repart jusqu’a ce qu’un orage nous menace lourdement. Des éclairs partout dans le ciel, le tonnerre qui gronde. Le capitaine trouve un petit port pour s’amarrer, nous tend une grande bâche bleue et me voilà couché sur mon sac de riz, recouvert d’une grande bâche « genre réfugié boat people », avec l’orage qui nous tombe dessus. Bien beau souvenir mais j’ai quand même un peu stressé, j’avoue !
Au petit matin, on repart…et voilà ma belle étoile qui réapparaît (j’avais un peu peur qu’elle ait perdue ma trace !) : on s’arrête pour déposer des gens dans un village. Un policier douanier discute avec moi. Je lui explique la nuit galère que je viens de passer…et hop, il me trouve une place dans une petite pirogue, beaucoup moins chargée et donc beaucoup plus rapide. Je suis un peu désolé pour mes compatriotes de galère, mais j’accepte avec joie. Le vélo prend la moitié de la pirogue. J’arrive finalement à Kayes en début d’après midi. Il fait aussi chaud qu’à Bakel, si pas plus encore.
Tout de suite, je parcours la ville en vélo dans tous les sens pour trouver l’endroit où je pourrai entrer officiellement au Mali et recevoir mon tampon officiel sur mon passeport. Ca ne me tente pas d’être illégal tout de même. Alors, ce n’est ni à la police des douanes, ni à la gendarmerie, ni au commissariat du port mais bien au commissariat spéciale près de la gare. Fallait le savoir !
Il me reste à trouver un hôtel pas trop cher. Je tombe sur l’hôtel de la jeunesse…rien de jeune là-dedans. Les toilettes sont degueulasse et les douches absolument immondes. Mais bon ce n’est pas cher…et je me dis que je trouverai mieux demain.
Le seul point positif est qu’il n’y a pas de mosquée trop proche pour me réveiller à 4h30 du matin….par contre le boss de l’hôtel ne trouve rien de plus malin que de regarder des niaiseries à la télévision jusque 2h du mat. En résumé, un hôtel à déconseiller !
Je glande un peu à Kayes, supporte mal la chaleur et me renseigne pour aller à Bamako en train ou en bus. Finalement, le train arrivant à Bamako à 3h du mat, j’opte pour le bus. Mais avant de déposer le vélo pour une longue période, je me décide à aller au fort de Médine en vélo pour la journée (15 Km de piste bien bien pourrie). On me prévient que c’est assez dur mais que ça se fait. Ca se révèle pas trop dur physiquement mais assez éprouvant pour le vélo. Pratiquement arrivé aux chutes de Kedlouguou où je rêvais de me baigner et de glander quelques heures, j’éclate littéralement ma chambre à air arrière. J’essaye péniblement de réparer mais ça ne tient pas….et hop, ma belle étoile arrive : un employé de la centrale hydro électrique toute proche me propose de m’emmener au village voisin en moto pour réparer la chambre à air. Finalement, j’en trouve une, toute neuve et gratuite (euh en fait, j’avais pas vraiment assez d’argent avec moi²pour payer) ! Après un peu d’énervement (la chaleur me tape facilement sur les nerfs) pour remonter mon pneu, mon vélo est prêt pour repartir. Un peu échaudé par cet épisode, je ne me baigne pas et décide de repartir directement à Kayes. Sur le chemin, je rencontre un guide conservateur du fort de Médine qui m’invite finalement à prendre le thé dans sa famille. Comme toujours, c’est l’occasion de discuter de tout et de rien. Quand il était enfant, il correspondait avec un enfant belge. Il me montre toutes ces lettres de correspondances avec quelques photos. C’est assez émouvant de le voir fouiller sa boite à trésor pour ressortir tout cela. Voici donc l’avis de recherche : si vous connaissez un certain Patrick qui habitait et dont le père réparait des chars de l’armée, faites moi signe.
Autre petit trésor : une montre Mont-blanc, d’une valeur, à mon avis, d’au moins 400-500 euros donné par un touriste suisse il y a 3 ans. Jugement personnel : quel crétin ce putain de touriste !
Un : comme on dit « en Afrique, on a le temps, on a pas l’heure »…et c’est très bien comme cela !
Deux : Une montre Mont-blanc n’a aucune valeur dans un petit village du Mali.Comme quoi, on peut bien relativiser la valeur des choses…
Trois : donner un cadeau d’une valeur de 400-500 euros à un guide sous prétexte que l’on a passé une bonne journée est une absurdité ! Quelle image des toubabs ce touriste a-t-il donné à cet africain ?
Quatre : donner cet argent pour la réfection d’une école, l’équipement d’un dispensaire, ou le financement d’une ONG aurait vraiment participé au développement de l’Afrique…mais ça demande un peu plus d’intelligence et de réflexion, choses dont ce touriste à la con était manifestement dépourvu !
Désolé pour ce petit coup de gueule, mais le comportement de certains touristes ici ou ailleurs me rend dingue !
Finalement, je reviens à Kayes sans problème pour ensuite prendre le bus pour Bamako le lendemain matin. 12 heures de route m’attendent. Les 3 premières heures se font sur une belle route goudronnée mais ensuite une piste pleine de trous nous attend. Voyage épuisant et très bruyant. Le chauffeur se prend comme souvent pour Michael Schumacher !

J’arrive enfin à Bamako. Ville que dont l’anarchie me plait beaucoup. J’y passerai la fête de fin du ramadan.
Me voilà dans Bamako avec mon vélo, mes sacoches. Je m’amuse beaucoup à essayer de retrouver la maison de mes amis Stéphane et Dene chez qui j’installerai mon camp de base pour les prochaines semaines. Rouler à Bamako en vélo peut paraître suicidaire mais avec mes grosses sacoches et mon air d’aventurier, tout le monde me sourit et me demande où je vais. Je retrouve sans trop de problème mon chemin.Et l’accueil de stephane et Dene est comme toujours très chaleureux.
Voilà, ce 21 octobre, après un mois de voyage, je dépose mon vélo pour quelques semaines.
Je vais me reposer un peu à Bamako, aller faire un petit coucou à des amis français en fin de séjour à Bobo-dioulasso, accueillir mon amie québécoise marie eve qui vient passer 3 semaines au mali avec moi, visiter le pays Dogon…
Au jour d’aujourd’hui, 20 novembre, tout cela est passé. Je vous raconterai les détails dans une prochaine news letter mais certaines photos sont déjà sur mon blog.
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Je prévois reprendre la route en vélo vers le 23 novembre.
J’avoue que après avoir passer 1 mois très entouré par des amis, dans un certain confort de voyage, surtout ici à Bamako chez mes amis avec bière et bonne bouffe tous les jours, j’ai du mal à me remotiver pour repartir.
Mais ne vous inquiétez pas, cette si belle aventure va continuer…parce que je sais que j’ai encore pleins de belles rencontres à vivre et surtout beaucoup de choses à comprendre sur la vie ici en Afrique de l’Ouest ! Rien n’est simple ici…

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